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Les Caracteres Ou les Moeurs de ce siecle

ou Les Moeurs de ce siècle

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Les Caractères ou les mœurs de ce siècle: - Je rends au public ce qu'il m'a prêté; j'ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage; il est juste que, l'ayant achevé avec toute l'attention pour la vérité dont je suis capable, et qu'il mérite de moi, je lui en fasse la restitution. Il peut regarder avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'après nature, et s'il se connaît quelques uns des défauts que je touche, s'en corriger. C'est l'unique lien que l'on doit se proposer en écrivant, et le succès aussi que l'on doit moins se promettre. Mais comme les hommes ne se dégoûtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de le leur reprocher; ils seraient peut être pires s'ils venaient à manquer de censeurs ou de critiques: c'est ce qui fait que l'on prêche et que l'on écrit. L'orateur et l'écrivain ne sauraient vaincre la joie qu'ils ont d'être applaudis; mais ils devraient rougir d'eux-mêmes s'ils n'avaient cherché, par leurs discours ou par leurs écrits, que des éloges, outre que l'approbation la plus sûre et la moins équivoque est le changement de mœurs, et la réformation de ceux qui les lisent ou qui les écoutent.

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Les Caracteres Ou les Moeurs de ce siecle, Jean de La Bruyère

Sprache
Erscheinungsdatum
2007
Einband
(Paperback)
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Titel
Les Caracteres Ou les Moeurs de ce siecle
Untertitel
ou Les Moeurs de ce siècle
Sprache
Französisch
Verlag
Librio
Erscheinungsdatum
2007
Einband
Paperback
Seitenzahl
89
ISBN10
2290058475
ISBN13
9782290058473
Reihe
Beschreibung
Les Caractères ou les mœurs de ce siècle: - Je rends au public ce qu'il m'a prêté; j'ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage; il est juste que, l'ayant achevé avec toute l'attention pour la vérité dont je suis capable, et qu'il mérite de moi, je lui en fasse la restitution. Il peut regarder avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'après nature, et s'il se connaît quelques uns des défauts que je touche, s'en corriger. C'est l'unique lien que l'on doit se proposer en écrivant, et le succès aussi que l'on doit moins se promettre. Mais comme les hommes ne se dégoûtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de le leur reprocher; ils seraient peut être pires s'ils venaient à manquer de censeurs ou de critiques: c'est ce qui fait que l'on prêche et que l'on écrit. L'orateur et l'écrivain ne sauraient vaincre la joie qu'ils ont d'être applaudis; mais ils devraient rougir d'eux-mêmes s'ils n'avaient cherché, par leurs discours ou par leurs écrits, que des éloges, outre que l'approbation la plus sûre et la moins équivoque est le changement de mœurs, et la réformation de ceux qui les lisent ou qui les écoutent.